L’agriculture occupe une place privilégiée au sein du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale. Elle s’étend sur près de 66 % du territoire et façonne ainsi des paysages typiques tels que le bocage boulonnais, les plaines cultivées du Site des Caps, la mosaïque de parcelles maraîchères dans l’Audomarois.

 

L'agriculture au carrefour de multiples enjeux

Avec 1200 exploitations ainsi que de nombreux emplois directs et indirects, l’agriculture est une activité économique prépondérante sur le territoire. En témoignent, le réseau de fermes qui font de la vente directe, jusqu’aux industries agro-alimentaires connues internationalement qui s’approvisionnent sur le territoire.

L’agriculture est aussi source de biodiversité sur des espaces remarquables que peuvent être les coteaux calcaires, les prairies humides. En effet sur ces milieux particuliers, la biodiversité est liée aux conditions du milieu, le niveau d’eau par exemple, et aux pratiques agricoles, la fauche ou le pâturage. Sans ces pratiques, c’est tout un cortège de fleurs, telles les orchidées, qui disparaitrait.

Enfin, l’agriculture a un rôle primordial à jouer dans de nombreux enjeux environnementaux : la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de l’eau et des sols, etc.

 

La mise en œuvre de la charte en partenariat avec la profession agricole

La Charte du Parc, véritable projet partagé de territoire, précise l’ensemble de ces enjeux et les actions à mettre en œuvre pour y répondre : le renouvellement des générations, le développement de l’agriculture biologique, la valorisation des produits de qualité, etc.

Par nature, le principe d’intervention du syndicat mixte du Parc est de mettre en œuvre des programmes d’actions avec l’ensemble des partenaires impliqués et légitimes sur les thèmes développés.

 

Le territoire du Parc est en grande partie éligible aux mesues agri-environnementales et climatiques (MAEC), dispositif en place depuis 20215

C’est quoi les MAEC ?

Les mesures agro-environnementales et climatiques sont des contrats passés entre des agriculteurs volontaires et l’Etat, permettant de rémunérer des pratiques favorables à l’environnement : entretien de haies, de talus, d’arbres têtard, de fossés, de mares, absence ou réduction de traitements phytosanitaires, d’herbicides, fauche tardive, création de prairies permanentes, semis direct…

Comment sont financées les MAEC ?

Le dispositif est financé par l’Europe via le Fond Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER), l’Etat, la Ré-gion Hauts-de-France et l’Agence de l’Eau Artois-Picardie.

Quelles sont les objectifs de ces mesures ?

Les objectifs sont multiples : préservation de la biodiversité, protection de zones humides, protection de la ressource en eau potable ou encore lutte contre l’érosion.

Quelles sont les conditions pour mettre en place des MAEC ?

Les MAEC prennent place sur des territoires où ces enjeux spécifiques ont été identifiés, dans le cadre de Projets Agro-Environnementaux et Climatiques (PAEC) portés par des opérateurs régionaux ou locaux comme la Chambre d’Agricul-ture, le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale ou le Syndicat Mixte Lys Audomarois. Les mesures contractuali-sables par les agriculteurs sont fixées en cohérence avec les caractéristiques agricoles et environnementales de chaque territoire. Les exploitants s’engagent, selon les mesures, sur une période de 1 ou 5 ans.

Quel accompagnement pour mettre en place les MAEC ?

Les opérateurs locaux proposent un accompagnement aux agriculteurs pour les aider à cibler les mesures éligibles sur leurs parcelles, connaître les cahiers des charges correspondants et la procédure de souscription.Les agriculteurs intéressés sont invités à se rapprocher de l’animateur local du PAEC de leur secteur.

Pour le PAEC du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale (secteur du Boulonnais et une partie du Calaisis) : Sophie QUENNESSON - Tél : 06 31 81 75 28 - This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

 

Témoignage : Un coteau calcaire en MAEC

Monsieur Descamps, agriculteur-éleveur et propriétaire du coteau calcaire de Quelmes,témoigne une réelle sensibilité environnementale. Grâce à l’accompagnement du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale qui réalise des inventaires et des suivis sur son coteau, il a pu découvrir l’importante biodiversité qui s’y développe. Cela a renforcé sa motivation à conserver la biodiversité locale et à maintenir un équilibre agro-écologique sur le coteau.

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C’est dans ce sens que Monsieur Descamps, a choisi de souscrire à une Mesure-agro-environnemental et Climatique (MAE-C) « pâturage extensif » dans le cadre de la Politique Agricole Commune. Cette mesure accorde des aides aux agriculteurs exploitants de parcelles sensibles d’un point de vue environnemental. Ces MAEC constituent un ensemble d’initiatives agricoles respectueuses de l’environnement ayant pour objectifs le maintien de la biodiversité ou encore la protection des zones humides.
Selon l’agriculteur, cette mesure lui impose peu de contraintes supplémentaires. Le milieu sur lequel il élève ses bovins lui impose déjà naturellement des contrainte limitant le nombre de bovins sur sa parcelle. Toutefois, pour Monsieur Descamps, cette mesure nécessite un certain temps d’adaptation et de suivi des mises à jour réglementaires de la Politique Agricole Commune. Les conditions pour obtenir ces aides sont donc la mise en place ou le maintien d’un pâturage extensif et sans intrants.

Rédaction : Marie-Caroline Sergeant, élève en GPN2 au lycée agro-environnemental de Tilloy-les-Mofflaines